Partenariat Morarano Gara – Saint-Georges-de-Reintembault
La Gazette de Morarano
Les partenaires
Historique du partenariat
Le Département d’Ille et Vilaine conduit depuis 2005 des actions de coopération avec la région malgache Alaotra Mangoro. Cette coopération est ciblée sur le développement rural : filière laitière et écotourisme, deux leviers de développement, deux activités créatrices de richesses au plan local.Les partenariats de communes sont encouragés par la coopération décentralisée afin de renforcer les liens en l’Ille et Vilaine et l’Alaotra Mangoro à plusieurs niveaux. Ces partenariats se construisent selon les besoins exprimés et s’insèrent dans une action durable.
La première rencontre entre Frédéric Bureau et Lala Harimahefa Razanapany , Maire de Morarano Gara, date de décembre 2008. Il s’agit d’imaginer un appui qui s’inscrive dans les projets de Morarano Gara, mais qui soit compatible et adapté au budget, à la population et aux savoir-faire de Saint-Georges.
La première visite : Octobre-Novembre 2009
Cette visite avait pour but de se rencontrer et se rendre compte des problèmatiques de Morarano Gara.La situation politique en 2009 est relativement confuse à Madagascar, en effet, le gouvernement a été destitué au printemps, les chefs de région (l’équivalent du Préfet) ont été remplacés. Les Maires ont craint d’être invalidés, bien qu’ils aient été légitimés par les élections.
Le niveau de vie à Madagascar est faible (un malgache gagne environ 30 € par mois).
La commune de Morarano Gara est une commune rurale située à environ 150 kms de Antananarivo. Elle a une superficie de près de 1 000 km2. Elle est traversée par la RN44, mais le reste de la commune est desservi par de mauvaises pistes, praticables seulement à pied pour la plupart.
Elle a une population de 16 700 habitants, 50% ont moins de 20 ans (l’espérance de vie est de 55 ans).
3200 enfants sont scolarisés en primaire (20 écoles), environ 500 au collège (un collège), seulement 5% iront au lycée (le lycée est à Moramanga, ville à 30 kms). Le taux d’illétrisme est de l’ordre de 15%.
Cette commune n’est pas dessservie par l’électricité. L’adduction d’eau n’est pas terminée. Des puits communs ont été creusés, mais l’eau n’est pas forcément potable.
La bibliothèque :
le bâtiment est construit, à l’intérieur une étagère avec une première livraison de livres (désherbage français).Un autre bâtiment est destiné à accueillir le centre de formation, mais pas de documentation pour l’instant.
Les écoles :
Pas de livraison de livres depuis 2 ans (les livres scolaires font partie du programme d’aide de l’UNICEF : personne n’a pu nous dire pourquoi il n’y avait pas de livraison : pression sur le gouvernement ? complication des circuits de distribution ?).Faute de moyens, les écoles n’ont pas ou peu de materiel pédagogique (dictionnaires, cartes, materiel) et pas de materiel de sports (bien que les compétitions sportives soient obligatoires et que les résultats sportifs entrent dans les objectifs des établissements).
L’enseignement est bilingue. En CE 50% des matières sont enseignées en français, 65% au CM, au collège toutes les matières sauf le malagasy et l’histoire.
La plupart des enseignants des petites écoles primaires maitrisent mal le français et auraient besoin d’ouvrages. Les enfants, qui souvent ne parlent pas le français dans leur famille, ont d’autant plus de mal à appréhender la langue et donc les cours.
Il y a une forte désaffection (environ 50%) des élèves pendant la période de soudure (avant les récoltes de riz : janvier à avril), période due à un problème de sous-alimentation.
Les effectifs baissent structurellement de 50% entre le CP et le CM2. Cette baisse est liée à la pauvreté des familles.
Les pistes de partenariat envisagées
Fourniture de livres aux enfants
Les premiers livres sont écrits en Malgache pour donner envie d’apprendre, les suivants sont bilingues pour aider à l’apprentissage.Pour les écoles :
des livres d’apprentissage de la lecture et des planches abécédaires, et tout ce qui n'entre pas dans le programme UNICEF (l’an prochain, les livraisons d’ouvrages scolaires seront peut-être débloquées) : dictionnaires, cartes de géographie, de sciences naturelles, de mathématiques, des manuels de poésie (l’imaginaire favorise l’apprentissage et l’appropriation de la langue).Pour la bibliothèque :
des livres de contes bilingues. On peut développer l’idée d’une malle tournante pour que les enfants éloignés en bénéficient (25 Kms de mauvaise piste pour rejoindre le village le plus éloigné).Tous ces ouvrages seront achetés sur place (les maisons d’édition malgaches se sont regroupées sous l’égide de Prédiff et officient à Tananarive avec beaucoup de difficultés. En effet, elles doivent importer l’encre et le papier. Les livres sont « chers » pour un malgache et souvent ne sont pas réédités).
Les acheter ainsi permettra de correspondre parfaitement aux programmes scolaires, dans la langue malagasy ou en bilingue. Les illustrations et les contes correspondent à leur culture.
La formation du bibliothécaire communal, assurée par Virginie de Bimélu, est également envisagée.
Bimélu a également organisé une exposition dont vous pouvez télécharger la plaquette.
Une correspondance est à développer. (Sainte Thérèse, Julien Maunoir, Bimélu ont commencé les échanges).
Nos relais sur place
- Les correspondants du Conseil Général, notamment Julien DAVID, en charge des partenariats.
- Marie Michèle RAZAFINTSALAMA, gérante de la maison d’édition Prédiff et Présidente d’Afrilivres (Afrilivres est une association regroupant une cinquantaine d’éditeurs africains de 15 pays francophones au sud du Sahara. C’est un espace de promotion du livre africain et d’échanges sur la vision du développement culturel dans les pays africains. L’association s’emploie pour donner une meilleure visibilité aux livres africains et améliorer la circulation du livre africain au Nord et en Afrique).
- Miandrisoa Justine RASOANOROVELO, que nous appelons Fara, est la documentaliste du Lycée Français d’Antananarivo. Elle est originaire du village de Morarano Gara. Elle fait partie du « comité de pilotage » de la bibliothèque du village.
Les sources de financement
CNL (Centre National du Livre)
Le Centre National du Livre finance des projets ayant trait à l’aide aux petites maisons éditions. Ils financent l’acquisition de livres en français, exceptionnellement bilingues.La commission a voté une subvention de 50% sur un projet de 3 300 € pour 2010.
Appel à projet du ministère des affaires étrangères.
Cet appel à projet triennal (2010 – 2012) répond à des critères spécifiques :- Il finance les collectivités territoriales qui s’associent ici (Conseil Général et Commune de Saint-Georges) sur un partenariat de collectivités (Région d’Alaotra Mangoro et Commune de Morarano Gara).
- Il convient d’œuvrer en faveur de l’Afrique Subsaharienne, Madagascar, Les Comorres ou Haiti.
- Le partenariat doit porter en faveur de la gouvernance locale ou du développement économique (dont l’aide à l’industrie culturelle, comprenant le soutien à l’édition pour Saint-Georges ; le développement de l’industrie laitière et de l’écotourisme pour le département)
Appel à projet de la Région Bretagne
Le soutien aux collectivités territoriales bretonnes pour leurs partenariats en faveur de Madagascar est inscrit dans l’agenda 21 de la Région Bretagne.Le dossier triennal présenté par notre collectivité est financé à hauteur de 30%.



